vendredi 11 décembre 2015

Marine, Marion, Florian et les autres

Le Provence était mauve comme un arpent de lavande se languissant au soleil, le Nord-Pas-de-Calais gris comme un terril noyé par l’averse, voici les deux régions blondes comme les blés. Le sud de la France était bleu Estrosi, le nord rouge Aubry, les voilà bleu marine. Si la victoire des Lepen tante et nièce est compromise dans leurs régions respectives, en raison du front républicain, sorte de contre-Front pour « gens biens », l’avenir semble néanmoins leur appartenir.

Comme un symbole, dimanche dernier, les costumes bleu marine et impeccablement taillés de David Pujadas et de Laurent Delahousse étaient assortis aux résultats du scrutin. A l’annonce de ceux-ci, alors que la bienséance démocratique eut exigé de ma part stupeur et tremblements, j’avoue ne pas avoir esquissé le moindre mouvement d’humeur. Ni sursaut d’angoisse, car on ne me la fait plus, depuis les parades « antifascistes » de 2002 lorsque le patriarche du clan s’était hissé, contre toute attente, au second tour de la présidentielle. Ni bonds de joie en voyant le sourire carnassier de la madone et le minois espiègle de la benjamine s’affirmer davantage qu’à l’accoutumée.

vendredi 4 décembre 2015

A la recherche d'une civilisation perdue

L’alcool, le sexe et la musique, mais pas n’importe laquelle, celle de Maître Gims et de Rihanna, plutôt que celle de Beethoven et de Brel, telle est la sainte-trinité que l’on nous propose d’opposer au fanatisme, à la barbarie et au terrorisme. Pour vaincre, buvons, baisons et faisons du bruit. Peace and love. Dans leur exercice de catharsis collective, les Européens semblent ignorer que c’est parce qu’ils n’ont pas davantage à mettre dans la balance que celle-ci risque de se figer du côté obscur.

L’analyse pessimiste ne date pas d’hier puisque, dans les années 80 déjà, Pascal Bruckner, dans Le sanglot de l’homme blanc, paraphrasant Rudyard Kipling et son White Man’s Burden, avait dénoncé notre tendance mortifère à l’auto-flagellation. D’autres Cassandre ont pris le relais, avec toujours le même succès populaire, sans pour autant être entendus. Les affreux ont même été rangés dans le camp des « néo-réacs », selon le terme consacré par David Lindenberg dans Le Rappel à l’ordre, datant de 2002.

L’Occident était probablement programmé pour s’auto-détruire à grands coups de contrition, d’amour pour la diversité, en même temps que de haine pour soi, de déni de réalité, de tiers-mondisme, de nivellement par le bas, de médiocrité, de repentance, de relativisme, de malconsommation, de déculturation, autant de symptômes d’un mal identique. L’obsolescence  est désormais une réalité. Le suicide civilisationnel à l’œuvre s’aggrave lorsqu’il est permis de « jouir sans entrave », quand il est interdit d’interdire ou lorsque l’on excuse les larcins en donnant une deuxième, puis une troisième, puis une dixième chance à ceux qui se sont exemptés de respecter le contrat social.

mercredi 25 novembre 2015

La politique du pansement

Désormais, ils « gèrent » ou, nuance qui a toute son importance, tentent de gérer. Gérer la menace terroriste. Gérer les flux de migrants. Gérer les déséquilibres budgétaires. Gérer la dette. Gérer la sécurité. En réalité, dépassés par les événements, ils ne gèrent plus rien. Alors, les hommes au pouvoir pansent les blessures.

Depuis plusieurs décennies, la mondialisation a produit ses effets négatifs en cascade : suppression des frontières, économiques et géographiques, pauvreté accrue, importation des conflits au coeur de quartiers dépassés par le cosmopolitisme, terrorisme, dumping, délocalisations. Et bien d’autres conséquences, dont l’exhaustivité du recensement nécessiterait de noircir des pages entières.

L’établissement des responsabilités pointe les hommes politiques nationaux qui ont abandonné leur pouvoir. A l’Europe. Aux multinationales. A tout le monde, sauf aux peuples. Traînant avec eux leur pharmacie, ils appliquent donc des compresses sur les plaies béantes affichées par les perdants du monde sans frontière, emmènent dans les ambulances les blessés de guerre d’un genre nouveau, ceux du terrorisme, jouent au psy et à la nounou pour apaiser les écorchés de la vie.

vendredi 20 novembre 2015

Epée de Damoclès

Lourde, précise et aguerrie
Planant sur le festin de la vie
Comme une égérie de la mort,
Elle défie le destin et le sort

Depuis qu’un tyran de Syracuse,
Envié par le flatteur roi des Orfèvres
Le défia de prendre sa place sans ruse
Son nom fait frémir toutes les lèvres

Sur nos vies légères, de sa lourde existence
Nous ne prenons pleinement conscience
Que lorsque de nos têtes, elle se rapproche,
Quand jusqu’à notre vie elle nous reproche

Suspendue à la voûte par un crin de cheval
Comme la vie au ciel par un fil ténu
Elle résistera de sa force trapue
Puis s’abattra de son poids fatal

Elle plane comme la mort sur nos vies,
Quand frappe la guerre, la vieillesse ou la maladie
Et peu de chances d’en sortir elle nous laisse,
De nous, elle fait sa cible, l’épée de Damoclès


Tableau : L'épée de Damoclès, Félix Auvray, 1831

mardi 17 novembre 2015

J'accuse...!

J'accuse les responsables qui ont fermé les yeux et nourri le laxisme, qui ont désarmé moralement, spirituellement et physiquement l'Occident, et qui ont ainsi permis que le pire soit devenu réalité.
J'accuse les hommes et les femmes politiques qui pensent gagner la guerre du terrorisme en invitant, par exemple, les élèves au théâtre, comme le préconise une ministre bien en cour, ou en continuant à jouer de la musique, ainsi que l'a publié un  politicien en herbe sur un réseau social, car si la culture élève l'âme et tisse des liens entre l'ici et l'ailleurs, entre amoureux de la vie, elle ne désarme en rien les barbares qui n'ont de culture que celle de la mort.
J'accuse les barons locaux qui ont laissé germer la haine dans leurs communes, croyant attirer à eux les voix d'un électorat qui, demain, se tournera vers des partis communautaires, car ces responsables politiques-là ont permis le développement, chez eux, chez nous, du fanatisme qui a tué et tuera encore.

jeudi 10 septembre 2015

La manipulation comme politique migratoire


Les migrants qui affluent sur le sol européen sont célébrés comme jadis l’étaient les héros de nos guerres. Les associations et les quelques « bonnes âmes » leur réservent une haie d’honneur parfois nourrie par des salves d’applaudissements. Les hommes politiques, les médias et les intellectuels n’acceptent plus que la moindre voix discordante vienne troubler la partition multiculturaliste. Sur la question, « le vrai clivage oppose les démocrates à l’extrême droite », affirme Patrick Dupriez, co-président d’Ecolo. Faut-il en conclure que plus de sept belges sur dix, inquiets de voir une marée déferler sur le continent, sont d’odieux racistes ? Non, évidemment. La question des migrants est, en réalité, l’objet de toutes les manipulations (culpabilisation, appel aux émotions, mainmise sur la parole publique…) de la part du « camp du Bien » montant en agressivité pour mieux masquer le fossé le séparant du peuple.

Les élites se déclarent unanimement prêtes à ouvrir les frontières au tout-venant et donc à accueillir toute la misère du monde. Les réfugiés ne sont pourtant jamais les bienvenus dans leurs tours d’ivoire. Dans sa conférence de presse de rentrée, François Hollande affirmait n’avoir « aucune maison secondaire disponible » : peut-être pensait-il, à ce moment précis, que chaque Français en possédât une à mettre à la disposition de la bonne cause ? Marc Lavoine, figurant parmi les artistes mobilisés pour les réfugiés, n’est pas prêt à en accueillir chez lui car « la solidarité humaine doit être réfléchie ensemble ». Dans une communication dont ils ont le secret, les Verts européens ont déclaré souhaiter accueillir des migrants au sein du Parlement, faisant fi de toutes les règles élémentaires de sécurité dans de tels lieux.